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(J'aime Arte).


P'tite annonce : vu que je déménage, je n'aurai plus internet à partir du 16 mai. Cherchez pas de mises à jour avant un moment. Je pense que je devrais pouvoir trouver une connexion publique, pour les nécessités (mails, etc), mais ce blog est temporairement endormi.

 A bientôt !
 Cultivez-vous bien !

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14 mai 2012

Y'a des pensées que j'ose pas écrire. Pas seulement les écrire ici, en public, devant des yeux voyeurs - voyeurisme auquel je me prête volontiers ; juste les écrire, en laisser une trace sur le papier. Les traces sur le papier sont toujours lues, un jour ou l'autre, par quelqu'un, même par soi.
Ces pensées dont on a honte, et dont on se dit "Non, quand même... c'est trop fort pour être partagé." Quelque part, ça nous choque au moment même où on les pense. Mais ça ne choquerait que nous, ou notre famille. Alors j'ouvre quand même ma gueule.


On m'a envoyé une photo de ma sœur en fauteuil roulant. Pas de quoi s'alarmer, vu son état, c'est une amélioration. Elle se tient droite, elle regarde fixement l'appareil, je crois même qu'elle l'affronte. Elle affronte l'image que l'on va avoir d'elle. Elle veut se montrer forte, rigide, battante mais son teint cireux me hurle le contraire. Plutôt que d'être réconfortée, je me sens brisée par ce cliché.
Elle est simple, cette photo. Elle n'a pas tant maigri que ça, mon imagination me la peignait osseuse, mais elle a le même visage qu'avant - qu'avant sa grossesse.
Ce qui me pétrifie, c'est que je n'arrive pas à la trouver humaine. Je m'étais mise à penser "elle n'est plus féminine, elle ne ressemble plus à une femme" . Pourtant elle n'en ressemble pas pour autant à un homme ; non, elle est juste Malade. Comme s'il s'agissait d'une race tout nouvelle, qui la dépossédait d'elle-même. Elle est devenue n'importe qui. Elle est devenue n'importe quel malade que j'ai pu croiser avant. Il y a la race humaine, et il y a la race malade.
Elle me fait penser à ma grand-mère tarée dans ses dernières années, elle a la même forme de visage que ma tante quand elle a fait sa dépression, le même air que mon oncle quand il lui est arrivé la même chose. Je retrouve l'air de famille que tout le monde voit chez eux d'ordinaire, mais qui m'échappe complètement, et même, me surprend quand j'entends dire "ils se ressemblent" ; je retrouve cet air de famille dans les traces que laissent dans leurs peaux leurs dégâts mentaux.
Eux. Leurs. Je ne suis pas faite du même sang. Au sens propre. Biologiquement parlant. J'ai le groupe sanguin de ma mère, celui des terres chaudes et miséreuses, celles où on crève de faim dans un paysage de carte postale des tropiques. Ils ne connaissent pas la dépression, dans ce groupe sanguin là. Pas le temps pour ça. Il y en a qui sont devenus fous, des cas isolés, lointains, mais c'est de la folie grandiloquente, celle qui se croit persécutée par des sorciers vaudous, qu'on n'ose pas enfermer parce que la superstition règne, mais qu'on devrait. Au-delà de ça, à part des problèmes d'ossature ou de carences nutritionnelles, on vit vieux, et on meurt vieux.
Mes deux sœurs ont pompé leur groupe sanguin à la source paternelle. C'est comme ça. Cholestérol et structure psychique plus fragile. Surtout chez l'aînée. Penser à sa vie m'avait toujours rendu triste ; et à chaque fois que j'y pensais, je me disais "Non, t'as pas le droit de penser ça, si elle t'entendait, tu la blesserais". Mais j'y pouvais rien.
Désormais, quand je pense à elle, je l'insulte. Et je me dis : "Si elle pouvait m'entendre, ça la remuerait ptet' enfin !" Elle remonte la pente trop doucement à mon goût, alternant trop souvent avec des rechutes. Comme si c'était sa faute, comme si elle avait voulu se faire rouer de coups par son mec. Un mois que ça ne va pas, j'ai l'impression que ça en fait le triple. Ca pèse. J'ai envie qu'elle aille mieux, par égoïsme. Pour que j'aille mieux moi aussi. Pour que j'arrête de penser chaque fois que mon téléphone vibre : "ça y est, ils vont m'annoncer qu'elle est morte." Prendre une inspiration avant de décrocher. Et avoir envie de pleurer parce que : "Aujourd'hui, elle a dit ton prénom", parce que : "Elle recommence à parler ; tout doucement, on l'entend à peine, mais elle parle !", parce que "Elle n'est plus paralysée", parce que "Elle a beaucoup souri aujourd'hui".


Et j'culpabilise de vider mon sac, de balancer des pensées qui me font honte, je culpabilise de parler de ma famille à des inconnus - et surtout, je déteste ce que je fais parce que quand je tombe sur ce genre de textes sur cow', tout ce que je pense est : "ça m'emmerde, va chialer ailleurs."
Heureusement, je ne peux pas m'avoir comme visiteur.
(Si ça peut vous rassurer, je le pense, mais je ne laisse pas de commentaire - ce serait inutile, donc cruel. Je me tire simplement.
 Oh, puis, pourquoi je me justifie tout le temps, allez tous vous faire mettre.)

 

11 mai 2012




Woodkid - Iron
 

(Encore envie de changer d'habillage.)

10 mai 2012

On a beau frôlé le drame dans ma famille, on ne fait toujours que le frôler.
Y'a de quoi rester optimiste.


Dans mon nouvel appart', je compte mettre des rideaux de toutes les couleurs.
(On dirait pas quand on arrive ici, mais IRL comme on dit, j'aime bien ça, les couleurs. Ça réchauffe les yeux.)
D'ailleurs j'ai acheté un manche à balai vert pomme. Faut que j'achète des sous-vêtements pour aller avec. Hier on m'a dit : "Le vert-pomme, avec ta couleur de peau, même toutes les peaux un peu mates, ça ressort super bien. Moi, si j'en portais, je ressemblerai juste davantage à un cadavre."
Je n'y avais jamais pensé. J'vais acheter des sous-vêtements vert-pomme, et faire le ménage en escarpins -

- sur I want to break free.
(Vous avez la chanson en tête ? Tenez.)



http://www.pascalkolkman.com/delirium/images/image1.jpg
Hier soir, je me suis fait piétiner la tête avec allégresse.
 

J'ai hâte d'être au 5 juin. Concert qui s'annonce excellent, auquel il va être présent aussi. Stupide, mais c'est comme ça.
C'est quand même fou que quelques mots puissent m'obséder ainsi. Heureusement que la santé psychiatrique de ma sœur (soror, sororis ; sor, seror) se dégrade à nouveau, ça m'évite de penser à lui - ha ha ...

J'ai hâte d'être au 29 mai, pour la Comédie du Livre. Accompagner les auteurs et éditeurs britanniques, leur servir de guide dans Montpellier, d'interprète aux stands où les lecteurs veulent se faire dédicacer, leur amener des verres d'eau, et faire la conversation aux repas... être le larbin et la courtisane des grands du livre britanniques de notre époque ; et aller à la plage avec des étudiants venus d'Oxford, pendant 6 jours.


 
Confessions autour d'un verre et d'une chandelle, le Creep de Radiohead qui tourne derrière. C'est bien de causer. Ça libère. Oh, et Monsieur ***, professeur médiéviste aux allures romantiques, s'avère être un fan de cosplay. Hilarité.
Le mythe est brisé.

 
J'ai parfois l'impression que lorsque j'écris, même les choses les plus simples et les plus drôles ont un arrière-goût d'amertume.
 

04 mai 2012

Je suppose que je dois penser écrire mieux que certains. J'ai beau ne pas pouvoir blairer mon style, quand je lis certains textes un peu gnangnan (sur les larmes, le cœur brisé & cie), ça me fait marrer. Si l'auteur a pleuré en écrivant, c'est bien pour lui/elle ; moi je ris. Pleurer en écrivant son texte ne veut pas dire que l'on va faire pleurer son lecteur.
 C'est ptet' pour ça que je cherche plutôt à écœurer le mien. C'est plus facile, d'être écœuré ; vomir, mais rester fasciné par ce qu'on a gerbé.

Trop haute opinion de moi-même planqué derrière un manque d'estime qui se gueule à m'en exploser le crâne tous les jours.
Je dois être une narcissique qui s'ignore - et heureusement que je m'ignore, ou je ne pourrai plus me blairer.

(Que cowblog corrige pas les e dans l'o automatiquement commence à vraiment me gaver.)

14 avril 2012

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